LA VERITE SUR L'AFRIQUE
PAR CHARLES SAM
AFRICAN HOPE INTERNATIONAL

L'Occident l'appelle aujourd'hui < Le Continent obscur>  Mais pour la majorité des Africains, il y avait de l'espoir et un avenir brillant quand nous nous battions et négocions notre sortie du guêpier dans lequel la politique coloniale nous avait jetés il y a des décennies de cela. Mieux encore, nous pensions maîtriser totalement nos économies et nos destins. Nous sommes maintenant entrés de plein pied dans le vingt et unième siècle et nous venons de nous rendre compte que nous ne sommes pas encore arrivés à un niveau qui puisse nous permettre d'envisager de manière claire les choix à notre portée pour plus tard organiser une demarche salutaire. Au lieu d'être un continent très productif, l'Afrique a été réduite à la mendicité absolue.

En principe, il n'y a rien de mal à dépendre de quelqu'un pour ce qui concerne l'aide, comme nous sommes tous inter-dépendants. Cependant cela devient très dangereux quand cette aide participe à notre auto destruction. L'histoire regorge de leçons qui enseignent que quand on a une certaine catégorie d'amis, on n'a pas besoin d'ennemis. Nos pères fondateurs nous ont affranchi de l'esclavage colonial. Mais la question qui vient à l'esprit est celle-ci : L'indépendance est un processus de développement qui commence lorsque l'on s'éloigne péniblement du couvert de la dépendance vers un territoire non protégé pour façonner un avenir et un destin nouveaux.

Les institutions de Bretton Woods - la Banque Mondiale et le FMI ne sont que des exécutants de programmes d'austérité auxquels nous sommes astreints. Derrière leurs visages apparemment attrayants se cache le groupe des 10, la crème des pays de l'OCDE dont les gouverneurs de leurs banques centrales et / ou leurs ministres des finances se rencontrent régulièrement à Båle à la Banque des Réglements Internationaux. C'est la pensée du groupe des 10 qui inspire la politique au FMI.

La réalité est que, ce sont les nations industrialisées créditrices qui se font passer pour la Banque Mondiale, et le FMI qui dictent les politiques économiques aux pauvres pays débiteurs. Les nations industrialisées encouragent l'Afrique appauvrie à obtenir dès prêts pour des marchandises et services octroyés par elles-mêmes, nous dictent des politiques économiques qui rendraient le remboursement difficile et douloureux et ensuite nous demande de payer ! Nos ressources sont de ce fait sans cesse hypothéquées par les nations créditrices à des prix qu'elles dictent par la pratique des cartels - un système par lequel quelques sociétés fabriquent les mêmes produits et s'entendent tacitement avec une autre pour baisser le prix et la production. Ceci a la même influence sur la production et le prix tout juste comme un monopole contrôlé par un unique producteur - et les dettes sont payées plusieurs fois avec des intérêts récurrents.

Les pays occidentaux prétendent que l'Afrique leur doit 380 milliards de dollars américains et pourtant ils savent très bien que cet argent leur est restitué avec l'aimable concours des dirigeants africains. Les politiques du continent ne reflètent pas les voeux des peuples ; elles sont constamment imposées par les soi-disant pays développés qui s'arrogent eux-mêmes le droit de décider comment les autres devraient vivre. La conséquence a été de graves ravages sociaux, l'humiliation et la misère. Dans beaucoup de pays africains, selon un rapport des Nations-Unies, le taux de l'epargne national constitue 10%, du produit national brut comparé au taux superieur à 20% dans d'autres régions en développement. En conséquence, le financement intérieur permet seulement de couvrir un quart des besoins en investissements de l'Afrique.

La raison d'être de l'homme c'est sa capacité à produire. Le bien-être et le développement économique permettent de vivre en toute sécurité. Si les Africains étaient prospères et optimistes ils seraient les premiers, avant les étrangers, à dépenser aussi bien qu'à investir sur leur propre sol car ils sont très entreprenants et travailleurs. Mais avec la présente pauvreté et le syndrome de associé à leur humeur grincheuse, un fort taux de chomâge, des prix vertigineux, des économies qui stagnent, des habitants devenus rancuniers et même de mauvais patriotes. Le développement en Afrique doit être endogène. Il doit concerner d'abord les besoins fondamentaux de la majorité la plus nécessiteuse qui, dans le cas de l'Afrique, sont les moins accessibles. Les peuples doivent décider ce qu'ils veulent, comment ils le veulent et quand ils le veulent. Nous avons tous la responsabilité collective de diriger nos nations et tirer le meilleur de notre terre. Les gouvernements africains doivent s'engager à rétablir le rôle protecteur de la justice et de l'équité. Le syndrome de la justice pour riches et pauvres qui sévit dans le continent pendant des décennies doit être jeté aux oubliettes.

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